Archipel des Australes
L’archipel des Australe est composé de cinq îles : Raivavae, Rurutu, Tubuai, Rimatara, Rapa. Cinq îles hautes et quelques îlots minuscules, égrenés dans l’immensité de l’océan, entre 600 et 1200 km au sud de Tahiti, au-delà des limites du Tropique du Capricorne. La lumière n’y est plus tout à fait celle des îles voluptueuses. L’atmosphère non plus. Plus légère, plus transparente, elle offre des nuances plus pâles. Des ciels laiteux. Les bleus sont plus froids, les verts plus crus. Et l’air, plus frais, annonce l’approche des zones tempérées du globe.
Comme toutes terres polynésiennes, les Australes sont d’anciens volcans, mais aux reliefs plus doux, plus sages, aux sommets moins élevés, que ceux des autres archipels. A l’exception de Rapa, dont les hauteurs altières trouent les nuages souvent disposés en longues traînées légères.
Une archéologie passionnante
Elles ont du caractère, ces îles aux paysages splendides, dont la surface totale n’excède pas 140 km2, situées aux confins des terres habitées de l’hémisphère sud ! Avec leurs « marae », lieux de cultes anciens, leurs grands tikis de pierre vieux de centaines d’années, et les murets encore intacts de leurs « pa », forteresses millénaires, elles n’ont, pas plus que la proche île de Pâques, livré tous leurs secrets.
La beauté des traditions bien vivantesDu caractère, les 6563 insulaires en ont aussi. L’esprit bien trempé par une vie traditionnelle encore en marge de l’agitation mondiale, ils développent leurs talents. Pêcheurs comme leurs grands ancêtres qui atteignirent ces rivages vers le IX ème siècle de notre ère, ils sont, sur mer, aussi à l’aise que sur le sol fertile de leurs exploitations agricoles.. Car ces insulaires sont aussi paysans. Ils profitent d’un climat bénéfique à la fois aux plantes des zones tempérées et tropicales, pour faire de leur archipel, un luxuriant jardin potager et verger. « Taro », manioc, carottes, pommes de terre, choux et salades voisinent avec caféiers, orangers, cocotiers, vanilles, ananas, avocatiers.
L'artisanat occupe une trentaine d'associations et reste une source de revenus non négligeable pour nombre de familles. La vannerie est une spécialité locale. On confectionne des chapeaux, des paniers, des nattes, des corbeilles à base de pandanus. Elles cousent des « ti fai fai » couvertures en Patchwok polynésien, aux beaux motifs stylisés et colorés, très appréciés dans les centres locaux, mais aussi sur le marché de Papeete.
L'île de Raivavae est réputée pour la fabrication de colliers de coquillages. Enfin, quelques sculpteurs travaillent le bois. Mais ce secteur voit ses débouchés limités par le manque de touristes et l'irrégularité des expéditions de marchandises vers Tahiti.
Elles consacrent des après-midi entières aux chants choraux, et les temples protestants (églises dominantes) des îles, résonnent des « himenes », cantiques polynésiens, auxquels elles prêtent les accents cuivrés de leurs voix magnifiques.Séjours hors des sentiers battus
Ultimes terres habitées du Pacifique Sud, hors des circuits habituels, les Australes et leurs habitants à l’hospitalité joviale offrent des séjours « découverte ». Chaque île, splendide monde clos, refermé sur les secrets de son histoire, se rattache par d’invisibles fils, à l’épopée des grands navigateurs venus des îles Marquises et aux mystérieux habitants de l’île de Pâques, Rapa Nui, la grande sœur de Rapa Iti, la petite australe aux innombrables vestiges archéologiques.
L’archipel des Australes, offre peu d’hôtels, mais de ravissantes pensions au confort suffisant, des logements chez l’habitant qui permettent de vivre avec les insulaires, au rythme local. La table ? Un délice où abondent langoustes, poissons succulents, primeurs, fruits tempérés et tropicaux.
Transports et communicationActuellement Raivavae, Rurutu et Tubuai sont équipées d'aérodrome, à raison de deux ou trois rotations aériennes par semaine d'ATR. Toutes les îles sont desservies par voie maritime. Le transport est assuré par le Tuhaa Pae II qui touche ces îles toutes les deux ou trois semaines. Exceptée Rimatara où le débarquement doit se faire en baleinière, les autres îles sont équipées d'un port pour caboteurs.
En dehors des deux îles principales, l'infrastructure routière se résume à quelques pistes, mais un programme de bétonnage du réseau routier est en cours (financements Etat et collectivités d'outre-mer à hauteur de 140 millions de francs CFP).
L'équipement en moyens de télécommunication et de télédiffusion est correct. Ainsi, l'ensemble des îles est relié au réseau téléphonique automatique depuis juillet 1993.
Éducation
Un effort notable a été consenti en matière d'enseignement. La formation primaire est assurée sur toutes les îles où l'on compte 15 écoles. En revanche, seules Rurutu et Tubuai disposent d'un collège. Le second cycle scolaire doit être poursuivi à Tahiti.
Santé
Deux hôpitaux sont installés à Tubuai et à Rurutu.
Raivavae, Rimatara et Rapa sont pourvues chacune d'une infirmerie. Les évacuations vers Tahiti sont systématiquement effectuées pour les cas nécessitant un équipement médical spécialisé.
